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Eveniment

Numarul 2 / 30 august 2004 /
saptamanal de politica internationala
/ publicatie personala / Realizator: Nicu Ilie
 
hbener
Bistroe - disputa ecologica si de frontiera

Ucraina a inaugurat prima portiune a Canalului Bâstroe ROM
Vizita de documentare în zona de construire a canalului Bâstroe a Ambasadorului României în Ucraina ROM
Romania informeaza NATO despre Bistroe ROM
Presa de la Kiev: Romania, ca membra a NATO, se opune construirii canalului ROM
BBC:Scurt istoric al canalului Bâstroe ROM
Brat de fier pentru un brat al Marii Negre FRA
Kievul amenajeaza in graba un canal in inima Deltei Dunarii FRA
Microinterviu cu Virgil Munteanu, guvernatorul rezervatiei ecologice FRA

Frontiera a fost mutata aproape de malul romanesc rOM
 
Canalul Dunare-Marea Neagra a implinit 20 de ani ROM
UCRAINA in acest numar
Acord ucraineano-rus pentru petrol ROM
Atentat cu bomba într-o piata din Kiev ROM
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Brat de fier pentru un brat al Marii Negre FRA

Ecologie. La Roumanie s'inquiète du canal construit par l'Ukraine sur le delta du Danube.
Bras de fer pour un bras de mer Noire

Du haut de son mirador, Mihai, garde-frontière roumain, surveille la rive ukrainienne. Seule une aigrette vient troubler le silence de cette journée tranquille et ensoleillée. A 200 mètres du poste frontière, de l'autre côté du Danube, c'est le canal Bastroe qui, quelques kilomètres plus loin, se jette dans la mer Noire. Ce canal fait scandale depuis que les Ukrainiens ont décidé de l'élargir et de l'approfondir en vue de le rendre navigable pour les paquebots de grand tonnage. Lundi, le ministre roumain des Affaires étrangères, Mircea Geoana, a redemandé avec insistance qu'un groupe d'experts indépendants analyse l'impact «écologique et économique» de ce chantier sur la réserve protégée du delta du Danube.

Premières victimes

Début mai, les gardes-frontières roumains se sont rendu compte que «quelque chose se passait» sur l'autre rive du fleuve. «Deux bateaux dragueurs ont circulé quelques jours», explique Mihai. Ces bateaux, qui servent à curer le fond des eaux, sont utilisés pour approfondir le canal Bastroe. C'est à ce moment-là que l'Ukraine annonce son intention de commencer des travaux, qui ne devraient pas être achevés avant 2008. Les raisons invoquées sont économiques : pour l'heure, les bateaux ukrainiens doivent emprunter le canal roumain de Sulina pour relier la mer Noire à la partie ukrainienne du Danube. Selon Kiev, le nouveau canal permettrait de gagner de l'argent car les embarcations locales n'auraient plus à s'acquitter des taxes douanières roumaines. De plus, il semble que l'Ukraine proposera des tarifs de passage inférieurs aux tarifs roumains et essaiera ainsi d'attirer sur «son» canal les bateaux battant d'autres pavillons. «Les arguments économiques ne tiennent pas debout !, s'insurge un officiel roumain. L'année passée, 23 bateaux ukrainiens seulement ont emprunté le canal de Sulina, cela ne représente que 4 % du trafic.»

Dans le delta du Danube, le projet ukrainien fait peur. A 30 kilomètres de Bastroe, Razvan, un pêcheur d'une trentaine d'années, se fraie difficilement un chemin le long d'un passage étroit à bord de sa lotca (petite embarcation locale), pour rallier son lieu de pêche habituel. «Pas besoin d'être un spécialiste pour se rendre compte du danger, ironise-t-il. Si les Ukrainiens construisent ce canal, cela veut dire que toute l'eau du delta partira dans cette direction. Sans eau, pas de poissons...», conclut-il, amer.

La crainte des pêcheurs est confirmée par Virgil Munteanu, gouverneur roumain de la réserve naturelle du delta du Danube. «Un canal si profond demande beaucoup d'eau. L'équilibre hydrologique de la région sera bouleversé. Selon nos estimations, le canal diminuera considérablement le débit du Danube, et tout l'écosystème risque d'être perturbé, la reproduction des poissons comme la migration des oiseaux.» Selon Environnement News Service, agence d'informations écologiques, la construction du canal aurait déjà fait des victimes. Plusieurs milliers d'individus d'une espèce d'hirondelle d'eau spécifique à la région auraient quitté le delta, dérangés par le bruit des travaux. Les écologistes ont découvert également des milliers d'oeufs abandonnés.

Sonnette d'alarme

Inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1991, le delta s'étend sur plus de 5 000 km2. Les étangs et les îlots flottants recouverts de roseaux et de bambous abritent quelque 500 espèces d'oiseaux et de poissons, la plupart protégées, dont la plus grande colonie de pélicans d'Europe.

D'où l'insistance des autorités roumaines à réclamer une étude indépendante sur l'impact de la construction du canal pour l'écosystème du delta. «Tant que cette étude ne sera pas réalisée, nous n'arrêterons pas de tirer la sonnette d'alarme», a averti récemment le chef de la diplomatie roumaine. Bucarest a reçu le soutien de nombreuses organisations écologiques, en tête desquelles le Fonds mondial pour la nature (WWF), ainsi que de la Commission européenne. Catherine Day, directrice générale pour l'environnement à la Commission, a ainsi demandé à l'Ukraine d'interrompre ses travaux en attendant une expertise plus approfondie sur l'impact écologique du projet.

 

 

 

Accusation et reproches

De son côté, l'Ukraine n'entend pas modifier sa position. «La Roumanie possède déjà trois canaux sur le delta. Nous pensons avoir le droit d'avoir le nôtre et d'assurer le développement économique de la région, ce qui est également une priorité», souligne Oleksandr Motik, ministre adjoint des Affaires étrangères. L'Ukraine assure d'ailleurs que toutes les normes de protection de l'environnement seront respectées et affirme qu'une première partie des travaux devra être achevée d'ici à la fin août, une société allemande, Josef Moebius, étant en charge du projet. Les officiels ukrainiens ont pour leur part accusé Bucarest de «mener une campagne pour désorienter la communauté internationale.»

La Roumanie, qui se retrouve fer de lance dans la lutte pour la préservation de l'équilibre écologique du delta, a pourtant, elle aussi, bien des choses à se reprocher. Dans les années 80, le dictateur Nicolae Ceausescu avait fermé nombre de petits canaux afin de développer l'agriculture au détriment de cet espace naturel. «C'était une autre époque, affirme le gouverneur Munteanu, et aujourd'hui nous essayons de réparer les dégâts de la dictature. Ces dernières années, nous avons réussi à réhabiliter quelque 10 000 hectares de terrain que Ceausescu avait transformés dans sa logique de systématisation.»
Luca NICULESCU - Liberation

Kievul amenajeaza in graba un canal in inima Deltei Dunarii FRA

Kiev aménage en catimini le canal de Bystroe au coeur du delta du Danube

Pour l'Ukraine, la voie maritime, approfondie et élargie, devrait lui assurer un meilleur accès à la mer Noire. La Roumanie et les écologistes dénoncent les dangers pour la faune et la flore.

Periprava (Sud-Est de la Roumanie) de notre envoyé spécial

L'eau s'étend à perte de vue. Seules quelques chaloupes arborant le drapeau ukrainien ponctuent le silence du delta du Danube. Rien ne semble échapper aux soldats ukrainiens, kalachnikov en bandoulière. Ils redoublent de vigilance depuis que les autorités de Kiev ont commencé la construction d'une nouvelle voie maritime au cour du delta. L'accès au canal de Bystroe, enclavé entre le sud de l'Ukraine et le sud-est de la Roumanie, est interdit et toute tentative de se rendre sur les lieux dissuadée manu militari. Kiev entend bien garder le secret d'un projet qui inquiète les organisations écologistes internationales aussi bien que la Roumanie, l'Union européenne et l'Unesco.

"Sauvez le delta !" semble être le slogan des milieux écologistes dans les mois à venir. En effet, selon les spécialistes, le delta du Danube est en danger. Les travaux commencés par l'Ukraine en mai mettent en péril une réserve de faune et de flore unique en Europe. Après avoir été refusé par plusieurs sociétés néerlandaises, le projet ukrainien a été adopté par la société allemande Josef Moebius Bau, basée à Hambourg. Selon Kiev, le nouveau canal de Bystroe devrait assurer à l'Ukraine une sortie supplémentaire sur la mer Noire. Mais à quel prix ? Pour permettre la navigation, l'actuel canal doit être creusé jusqu'à une profondeur de 10 mètres. Sa largeur devrait passer de 100 à 500 mètres. Les associations écologiques ont déjà signalé la destruction de plusieurs centaines d'oufs d'oiseaux rares.

Mais le pire est à venir, car le volume d'eau aspiré par le nouveau canal risque de faire baisser le niveau des eaux dans les zones protégées du côté roumain du delta. Bref, la forêt Letea à l'aspect tropical, bijou du delta du Danube, ainsi que plusieurs îlots sont en danger de mort. "Malgré l'existence de routes alternatives reliant le secteur ukrainien du Danube à la mer Noire, cette région unique est en passe d'être détruite, en violation d'au moins onze conventions internationales dont l'Ukraine est signataire, indique un communiqué du Fonds mondial pour la nature (WWF). Ce projet, d'un montant de plusieurs millions de dollars, menace l'habitat de plus de 280 espèces d'oiseaux ainsi que la reproduction des poissons, ce qui met en danger la pêche et le tourisme de la région."

A Periprava, village situé au nord du côté roumain du delta, les pêcheurs s'inquiètent, eux aussi, des travaux en cours. "J'ai entendu parler de cette histoire à la télé, affirme Vasile Fedotov, pêcheur de Periprava. Nous sommes très isolés ici, nous ne connaissons que la pêche et notre bout de delta. Je ne savais même pas ce qui se passait à quelques kilomètres, du côté ukrainien."

CONTRÔLE DRACONIEN

En effet, ce village construit au milieu de la cannaie ressemble à un finisterre. Habité par les Lipovenis, population d'origine russe émigrée dans le delta du Danube au XVIIe siècle, Periprava est en train de mourir. Les jeunes partent vers les villes du littoral roumain de la mer Noire. Les plus chanceux arrivent jusqu'à Bucarest. Mais la nouvelle destination favorite des pêcheurs du delta est la séduisante Italie, où ils se débrouillent pour travailler au noir.

"Qu'est-ce qu'on peut faire ici !, s'exclame Vasile Fedotov. Je me réveille à 2 heures du matin, je prépare mes outils et ma barque et je me lance à l'eau. Je pêche jusqu'à 9 heures du matin puis je cours vendre le poisson. Il y a des jours où j'arrive à prendre 30 kg de poisson mais il y en a aussi où je rentre avec seulement 5 kg. Depuis la chute du communisme, on a changé les règles de la pêche et nous sommes en train de crever." En effet, sous la pression européenne, la Roumanie a instauré un contrôle draconien dans le delta du Danube. Les vieilles habitudes des pêcheurs lipovenis, autrefois les rois du delta, ont dû être abandonnées. Les quotas de pêche doivent être rigoureusement respectés, faute de quoi on risque de perdre son permis. Les endroits destinés à la pêche sont surveillés jour et nuit tandis que les zones protégées sont complètement interdites.

GUERRE DIPLOMATIQUE

La Roumanie craint que ses efforts pour protéger le delta soient menacés par la construction du canal ukrainien. Le premier ministre roumain, Adrian Nastase, a lancé un "appel personnel" à son homologue ukrainien, Viktor Ianoukovitch, et déploré "l'absence de consultations bilatérales". Mais la lutte contre le canal de Bystroe n'est pas menée sur le seul terrain écologique. S'y ajoute la question du partage du plateau continental de la mer Noire, supposé riche en pétrole, qui avait été laissée en suspens par le traité d'amitié signé par les deux pays. Une véritable guerre diplomatique a éclaté entre l'Ukraine et la Roumanie qui est allée jusqu'à menacer Kiev d'un procès devant la Cour internationale de La Haye.

 

Les diplomates roumains et ukrainiens se sont rencontrés une vingtaine de fois pour trouver un accord sur le statut de la petite île des Serpents, située en mer Noire. Sans succès. D'une part, Kiev souhaite créer une zone économique autour de cet îlot inhabité de 17 hectares. Bucarest s'y oppose et rappelle que l'île des Serpents a appartenu à la Roumanie jusqu'en 1948 avant d'être englobée par l'Union soviétique.

Dans ce brouhaha historique, diplomatique et écologique, les pêcheurs de Periprava attendent, le cour serré, le désastre. "Les traditions des Lipovenis ont déjà disparu, se plaint Vasile Fedotov. Maintenant, nous sommes en train de disparaître nous-mêmes. Demain, c'est peut-être le delta qui va disparaître. Nous ne méritons pas sa beauté."
M
irel Bran, Le Monde

Microinterviu cu Virgil Munteanu, guvernatorul rezervatiei ecologice FRA

Trois questions à  Virgil Munteanu

1 Virgil Munteanu, vous êtes gouverneur du delta du Danube. Pourquoi êtes-vous opposé à la construction du canal ukrainien Bystroe ?

Nous ne sommes pas opposés à ce projet mais nous demandons qu'une étude de faisabilité soit effectuée en toute transparence. L'impact d'un projet industriel de cette taille sur le delta du Danube est très important et nous souhaitons avoir une évaluation des risques. Le ministère des affaires étrangères roumain a envoyé une douzaine de notes à son homologue ukrainien pour demander des informations sur le projet de Bystroe. Jusqu'aujourd'hui, nous ne savons rien des intentions de l'Ukraine, qui a démarré les travaux en mai en dépit des protestations internationales.

2 Concrètement, quel est le danger de ce canal artificiel taillé dans le delta ?

Nous avons effectué nous-mêmes une étude préliminaire quant à l'impact de ce canal sur les zones protégées du delta en Roumanie. Pour assurer la circulation d'embarcations de grand tonnage, il faut creuser à une profondeur de 10 mètres et élargir le canal de 100 à 500 mètres. Le volume d'eau aspiré par cette nouvelle voie maritime risque de faire baisser le niveau des eaux dans les zones protégées de Roumanie. La forêt Letea, unique en Europe en raison de son aspect tropical, est en danger de mort. Sans parler des espèces d'oiseaux rares déjà affectées par les travaux. L'Ukraine avance l'argument économique et prétend que le futur canal Bystroe lui évitera de payer des taxes en Roumanie.

3 Qu'en pensez-vous ?

Cet argument ne tient pas. Chaque année, une centaine de bateaux ukrainiens traversent la partie roumaine du delta et sont soumis au paiement des taxes. A cette échelle, je ne vois pas de quelle économie on parle. Ce qui me trouble dans cette histoire, c'est l'impossibilité de trouver une explication rationnelle aux démarches opaques de l'Ukraine. Seule une mobilisation internationale soutenue peut encore sauver le delta du Danube.
Propos recueillis par Mirel Bran © Le Monde


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