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Zoom

Numarul 2 / 30 august 2004 /
saptamanal de politica internationala
/ publicatie personala / Realizator: Nicu Ilie
 
 
ZOOM: Moldova, independenta la 13 ani Tara cu de-a sila ROM
Moldova este impinsa spre Est FRA
Harta Moldovei FRA
Evolutia teritoriala a Moldovei din 1914 pana in zilele noastre FRA
Moldova in Biblioteca Congresului ENG
Moldova in catalogul BBC ENG
Moldova in catalogul CIA ENG

Ghidul comercial al Moldovei intocmit de U.S. Commercial Service ENG
Moldova in catalogul Lonely Planet ENG
 
 
Romania in presa internationala
BBC: Frontiera a fost data fara licitatie ROM
Agentia Fitch ofera o perspectiva pozitiva asupra României - New York, Reuters ROM
APA: Infractori romani in Austria ROM
Roman prins in timp ce desena o zvastica pe o cladire a Ministerului francez de Interne ROM
BBC: Societatea civila cere guvernului lista cu contractele de publicitate ROM
Jerusalem Post: Profanarea unui cimitir evreiesc din Romania ENG
Rosia Montana se dovedeste un zacamant deosebit de valoros ENG
Actrita din Terminator 3 va turna in Romania ENG
New York Times: S-a inchis linia de fabricare a Daciei Sedan ENG
Yahoo News: Sexy club cu bunicute inchis de politia din Constanta ENG
Arivani: Romania spera sa devina membru deplin al UE in 2007 ROM
TIME: Pelerinajul lui Schroeder ENG
AFP: Prima vizita la mormantul tatalui ENG
UPI: Romania a anuntat castigatorii in privatizarea Distrigaz Nord ENG
The Deal: Gigantii gazului privesc spre Romania ENG
Romania vazuta de CIA ENG
BBC: Ucraina a inaugurat prima portiune a Canalului Bâstroe ROM
Presa de la Kiev: Romania, ca membra a NATO, se opune construirii canalului ROM
BBC:Scurt istoric al canalului Bâstroe ROM
Liberation: Brat de fier pentru un brat al Marii Negre
FRA
Le Monde: Kievul amenajeaza in graba un canal in inima Deltei Dunarii
FRA
Le Monde: Microinterviu cu Virgil Munteanu, guvernatorul rezervatiei ecologice
FRA
 
 

Moldova este impinsa catre Est FRA

CONSÉQUENCE DE L'ÉLARGISSEMENT DE L'UNION EUROPÉENNE

La Moldavie repoussée vers l'Est

Depuis le 1er juillet 2001, Moldaves comme Roumains doivent se munir d'un passeport pour franchir la frontière qui sépare leurs deux pays, pourtant intimement liés. Sur place, ce premier acte dans le durcissement de la future frontière orientale de l'Union européenne élargie entraîne de nombreuses conséquences et pousse la Moldavie vers l'Est, tandis que des centaines de milliers de ses citoyens travaillent illégalement à l'Ouest pour échapper à une interminable crise économique.

Entre 1945 et 1990, presque personne n'a franchi le pont de Sculeni, sur le Prut, le fleuve-frontière qui sépare la Roumanie de la Moldavie (l'ancienne Bessarabie roumaine). La Roumanie et l'URSS, à laquelle appartenait la Moldavie depuis 1945, avaient fait du Prut une frontière hermétique.Mais les premières élections libres tenues en avril 1990 en République socialiste soviétique de Moldavie ouvrent la voie aux tenants de l'unification de la Moldavie et de la Roumanie, autrement dit d'un retour à la situation d'avant guerre. Et, quelques semaines plus tard, des dizaines de milliers de Moldaves et de Roumains convergent vers Sculeni. Sous la pression, Chisinau et Bucarest ouvrent la frontière. Sur le pont, couvert de bouquets de fleurs, on assiste alors à des scènes dignes de celles vécues à Berlin quelques mois plus tôt, en novembre 1989. les gens, dans un geste symbolique fort, jettent une fleur dans le Prut à leur passage. Pour des millions de Moldaves et de Roumains, l'unification est en marche.Onze ans plus tard, les fleurs sont fanées. C'est en tout cas l'avis du colonel Tudose, chef du point de passage frontalier roumain, qui évoque cette époque avec nostalgie : « Nous avons manqué l'occasion. C'était à ce moment-là que nous aurions pu nous réunir. Mais, d'un côté comme de l'autre, nous n'en avons pas eu le courage politique. Toutes ces fleurs n'ont servi à rien. Maintenant, c'est trop tard. Les Moldaves ont finalement décidé de regarder vers l'Est, et nous vers l'Ouest. »Comment en est-on arrivé là ? En décembre 1991, M. Mircea Snegur, champion de l'indépendance, est élu président de la République de Moldavie. Sa victoire donne un coup d'arrêt aux rêves des partisans de l'unification. Plusieurs facteurs expliquent le désintérêt précoce des Moldaves pour ce projet (1).

Sécuriser la frontière roumaine

Tout d'abord, les périodes roumaines de la Bessarabie (1918-1940, puis 1941-1944) n'ont pas laissé que des bons souvenirs aux Moldaves. Centralisme de Bucarest, comportement brutal des fonctionnaires roumains dépêchés sur place... Au début des années 1990, les Moldaves redoutent d'être à nouveau marginalisés dans une grande Roumanie. Ensuite, la situation politique et économique de la Roumanie dans les années 1990-1992 n'a rien pour plaire aux Moldaves, plus fortunés que leurs frères roumains à cette époque. Enfin, la perspective d'une unification crispe les minorités ethniques de Moldavie. Les Gagaouzes, des turcophones chrétiens du sud du pays (3,5 % des 4,5 millions de Moldaves), proclament leur indépendance en août 1990, suivis par la Transnistrie, mince bande de territoire moldave coincée entre le Dniestr et l'Ukraine et où la population (800 000 habitants) est à 60 % russophone. La Gagaouzie et la Transnistrie menacent de faire sécession en cas de réunification de la Moldavie avec la Roumanie (2).Bref, lorsque le choix s'est posé, les Moldaves ont préféré l'indépendance à l'unification, quitte à remettre à plus tard le jour des retrouvailles qu'ils sont encore nombreux, au fond d'eux-mêmes, à espérer. Mais ce jour paraît plus lointain que jamais.Car la décennie qui vient de s'écouler a changé la donne, notamment depuis que la Roumanie a entamé les négociations d'adhésion avec l'Union européenne. Pour les relations roumano-moldaves, les conséquences sont douloureuses.D'un point de vue économique, la Roumanie est désormais dans l'orbite de l'Union. Certes, le pays est loin d'avoir retrouvé son niveau de développement d'il y a dix ans : pour une base 100 en 1989, son PIB en volume s'élève à 82 en 2000. Mais il bénéficie d'une aide importante en matière de développement : de 1991 à 2000, Bucarest a reçu plus de 1,2 milliard d'euros en provenance de Bruxelles (52 euros par habitant). Quant aux investissements directs, ils s'élèvent à près de 8 milliards d'euros depuis janvier 1990 (348 euros par habitant). Rien de tel en République de Moldavie. Pour une base 100 en 1995, son PIB en volume s'élève à 62 en 2000. De 1991 à 2000, Chisinau n'a reçu que 95 millions d'euros d'aide de l'Union (21 euros par habitant) et environ 550 millions d'euros d'investissements directs (122 euros par habitant). Enfin, en 1995 le PIB s'élevait à 1 568 dollars par habitant en Roumanie et à 470 dollars en Moldavie. En 2000, il s'est maintenu à 1 540 dollars par habitant en Roumanie, mais il a chuté à 296 dollars en Moldavie (3)...Le niveau de vie a donc reculé moins violemment en Roumanie qu'en Moldavie. Cette dernière s'est retrouvée au milieu du gué, sans ancrage à l'Ouest et démunie face à la disparition du tissu économique de l'ex-URSS. Le pays a sombré, et la vie quotidienne des Moldaves devient extrêmement difficile : même à Chisinau, l'eau, l'électricité et le chauffage n'arrivent plus régulièrement.D'un point de vue psychologique, l'écart se creuse en conséquence : les Moldaves finissent par nourrir un certain complexe face aux Roumains, qu'ils accusent d'ailleurs de condescendance à leur égard. Rosina et Ludmilla sont étudiantes à Cahul, dans le sud du pays, non loin du Prut. « Nous avons beaucoup d'amis qui sont partis faire leurs études à Brasov ou Bucarest, racontent-elles. Mais quand ils reviennent, ils racontent tous leur discrète mise à l'écart, les professeurs qui les regardent de haut, qui se moquent d'eux devant les autres étudiants. Là-bas, ils nous prennent pour des pauvres. »D'un point de vue géopolitique, la Roumanie a mis le cap à l'ouest : vers l'Union européenne, mais aussi vers l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN), à laquelle elle est candidate. Côté moldave en revanche, c'est cap à l'est. Et plus encore depuis le retour des communistes au pouvoir, lors des élections de février 2001. Un retour qui, comme ailleurs en Europe de l'Est où bon nombre d'anciens partis communistes sont revenus au pouvoir sous l'étiquette sociale-démocrate, illustre le profond désenchantement d'une population qui vivait mieux il y a dix ans. Les Moldaves ont voté pour un parti qui prône ouvertement le retour dans le giron de Moscou. Son dirigeant, le russophile Vladimir Voronine, élu président au mois d'avril 2001, a notamment fait campagne en proposant que la Moldavie rejoigne l'Union Russie-Biélorussie.A Lipcani, dans le nord de la Moldavie, Gheorghe, 58 ans, est au chômage, comme la moitié de la population. Il rafistole trois bricoles dans sa cour, pour des amis qui lui donneront quelques fruits en échange. Il est d'origine roumaine, mais ça ne veut plus rien dire pour lui. « Je m'en fous de l'union avec la Roumanie ! lâche-t-il, cassant. Moi je veux manger, c'est tout. Et peu importe avec qui. Avec l'Ukraine, avec la Russie, avec la Roumanie, je m'en fous. Je veux manger. » Au fond de son potager, il y a un champ, puis le Prut, et sur l'autre rive du Prut, la Roumanie. Parfois, il observe les Roumains du village d'en face. Avec envie ? « J'ai entendu dire que dans quelques mois ils n'auront plus besoin de visa pour aller dans l'Union européenne. Et pour nous ? Pour nous, il y aura toujours un visa. Et d'ailleurs il y a pire : la frontière que vous voyez là, juste en bas, ils sont en train de la fermer. Ils viennent tout juste de commencer... »Pour les Moldaves, c'est la conséquence la plus dure du rapprochement de la Roumanie avec l'Union européenne : depuis le 1er juillet 2001, ils doivent se munir d'un passeport pour traverser la frontière avec la Roumanie, alors que, depuis dix ans, une carte d'identité leur suffisait. Une mesure qui freine brutalement les relations transfrontalières. Le coupable ? Ici, tout le monde répond d'une seule voix : Bruxelles. Pour poursuivre les négociations d'adhésion, la Commission européenne a demandé aux Roumains d'imposer un passeport à leurs voisins et frères de sang moldaves. Raison invoquée : sécuriser la frontière, pour la rendre notamment moins perméable à l'immigration clandestine venue d'Asie. Par mesure de rétorsion, la Moldavie a fait de même (4).Toute l'économie transfrontalière est touchée. Depuis quelques années, bon nombre de paysans moldaves traversaient quotidiennement la frontière pour vendre leurs produits en Roumanie, où le pouvoir d'achat est quatre fois plus élevé. Mais à 32 euros le prix du passeport moldave, dans un pays où le salaire mensuel moyen est de 40 euros, nul doute que ce petit commerce va accuser le coup. « C'est comme un premier visa, raconte Micha, 27 ans, qui habite Giurgiulesti, un village frontalier du sud du pays, et qui va souvent en Roumanie acheter des pièces détachées qu'il revend en Moldavie. Nous sommes inquiets. Si l'Union européenne demande un jour à la Roumanie de nous imposer des visas, ce sera la fin du commerce frontalier qui fait vivre beaucoup de monde chez nous. » De son côté, Claudia passe la douane de Sculeni pour rendre visite à sa fille, étudiante en Roumanie. Elle s'inquiète : « J'ai quatre enfants, ce qui fait autant de passeports à acheter. C'est une somme ! Mais je m'inquiète surtout pour ma fille : va-t-elle pouvoir continuer ses études sans difficultés ? Aujourd'hui les passeports, mais demain ? »

Coup de poignard dans le dos

La Roumanie a promis de donner 1 million de dollars à la Moldavie pour subventionner le prix des passeports, et l'Union européenne se serait engagée sur la même somme. Côté moldave, les autorités veulent favoriser les étudiants en leur accordant des passeports gratuits. Mais beaucoup de Moldaves ont néanmoins le sentiment de recevoir un coup de poignard dans le dos. Certains se disent doublement rejetés : par l'Union européenne d'abord, et maintenant par la Roumanie...Ce qui ne les empêche pas de continuer à se rendre en masse à l'ouest du continent. On estime que 600 000 Moldaves sont déjà venus travailler illégalement dans l'Union. Encore faut-il préciser que leur entrée dans l'Union n'a bien souvent rien d'illégal.C'est le cas de Costea, 30 ans, originaire de Balti, deuxième ville du pays, qui a d'abord tenté de passer en force, sans papiers. Refoulé à la frontière ukraino-polonaise, il s'est résolu à acheter un visa Schengen. Rien de plus facile : à Chisinau, des dizaines d'« agences de voyages » sont spécialisées dans ce domaine. Elles se débrouillent pour obtenir les invitations nécessaires à la délivrance des visas touristiques par les ambassades. Pour cela, Costea a payé une somme considérable  : 1 250 dollars. Arrivé à Paris, il a déposé une demande d'asile politique. Le temps qu'elle lui soit refusée, il est resté un an à travailler au noir sur des chantiers. Il dit avoir touché 1 220 euros par mois, dont il envoyait les deux tiers à sa femme Stella, restée à Balti, qui n'a pas chômé : elle a acheté un appartement de 60 m2, pour 3 049 euros, et l'a équipé « comme chez vous », dit-elle : lave-linge, lave-vaisselle et douche avec chauffe-eau indépendant.Ils sont donc des centaines de milliers à tenter l'aventure, et les publicités à l'enseigne de Western Union, une compagnie qui permet de transférer de l'argent facilement d'un pays à l'autre, ont recouvert la Moldavie. A l'heure où la future frontière de l'Union européenne se durcit, cette immigration massive de Moldaves dans l'Union est-elle la dernière amarre qui permet à leur pays de rester lié à l'ouest du continent ?

Rien n'est moins sûr. Si Chisinau s'oppose officiellement à la double citoyenneté, il est facile pour les Moldaves de langue roumaine d'obtenir la citoyenneté roumaine, et donc un passeport de ce pays. Ces dernières années, c'est par milliers qu'ils se sont rendus à Bucarest pour faire les démarches nécessaires. Les chiffres ne sont pas communiqués, mais on parle de 500 000 personnes et surtout d'une forte augmentation récente. Rien d'étonnant à cela : après des mois d'hésitation, l'Union vient enfin de lever l'obligation de visas pour les Roumains à leur entrée dans l'espace Schengen. La mesure est effective depuis le 1er janvier 2002. Dorénavant, un passeport leur suffit. Du coup, les Moldaves, endigués dans leurs confins d'Europe par l'inéluctable élargissement de l'Union à leur frontière, semblent avoir trouvé la faille (5).
Guy-Pierre Chomette, Le Monde Diplomatique


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